Une marque de compléments alimentaires pour animaux s’est fait épingler par le Jury de Déontologie Publicitaire. Plainte fondée. Communications non conformes à la déontologie publicitaire. Avis publié officiellement en août 2025.
Dix mois plus tard, son site affiche toujours « scientifiquement prouvés » et « résultats visibles garantis. »
Ce cas n’est pas une exception. C’est le fonctionnement normal du marché des compléments alimentaires pour chiens et chats. Et comprendre pourquoi vous aidera à faire des choix éclairés et à ne plus jamais acheter sur la foi d’un marketing racoleur.
Compléments alimentaires pour chien et chat : ce que les marques ont le droit d’écrire
Les trois catégories de produits et leurs règles publicitaires
En France, un produit destiné à l’alimentation des animaux de compagnie appartient à l’une de ces catégories :
Les aliments courants : pas d’allégation de santé autorisée au-delà du fonctionnel simple (« contient du calcium pour des os solides »).
Les aliments diététiques à objectif nutritionnel particulier : peuvent mentionner une affection spécifique (« réduit les récidives de cystite idiopathique féline »), mais uniquement s’ils entrent dans le cadre réglementaire européen prévu à cet effet.
Les médicaments vétérinaires : seule catégorie autorisée à revendiquer un traitement, une guérison ou un soulagement d’affection clinique.
Un complément alimentaire vendu comme friandise n’appartient à aucune de ces deux dernières catégories. Il n’a donc pas le droit d’afficher « apaise les démangeaisons dues aux allergies », « soulage les allergies saisonnières » ou « améliore la santé des oreilles. » Ces formulations le placent sur un terrain médical qu’il n’est pas autorisé à occuper.
Le cas Vitamii : zéro étude, 100% témoignages
Dans l’affaire soumise au JDP (dossier 1070/25, avis publié le 7 août 2025), la marque Vitamii a justifié ses allégations en expliquant ne disposer d’aucune étude scientifique propre à ses produits et s’appuyer « avant tout sur les témoignages de ses clients. »
Ses publications Instagram affirmaient pourtant que « 80% des chiens souffrant de démangeaisons ont vu une réduction significative des grattages excessifs » formulation qui suggère une preuve statistique robuste. Son site affiche toujours, en juin 2026, la mention « scientifiquement prouvés. »
Vous pouvez lire l’intégralité de l’avis ici.
Publicité trompeuse pour animaux : pourquoi les marques continuent sans risque
Le système d’autorégulation publicitaire n’a aucun pouvoir contraignant
Le Jury de Déontologie Publicitaire est l’instance française chargée de statuer sur la conformité des publicités aux règles déontologiques. Quand une plainte est fondée, il publie son avis. C’est tout.
Pas d’amende. Pas d’injonction de retrait. Pas de sanction financière.
Pour une marque qui investit massivement en publicité ciblée sur Facebook et Instagram, auprès d’une audience qui ne consultera jamais le site du JDP, le risque commercial d’un avis défavorable est proche de zéro.
Ce que ça implique concrètement pour vous
Quand vous voyez sur un complément alimentaire pour votre animal :
- « réduit les démangeaisons »
- « soutient l’immunité »
- « apaise le stress »
- « soulage les douleurs articulaires »
- « scientifiquement prouvé »
Demandez à la marque de quelles études elle dispose pour affirmer cela. La réponse devrait etre très instructive.
Comment choisir des compléments alimentaires pour son chien ou son chat : la grille de lecture
Question 1 : quelle étude, publiée où, sur combien d’animaux ?
Une allégation sérieuse s’appuie sur une étude publiée dans une revue scientifique à comité de lecture, avec un protocole décrit, un nombre d’animaux suffisant et des résultats reproductibles. Si la marque répond « des témoignages clients » ou « des études sur les ingrédients » sans vous pointer vers une publication précise sur le produit fini, investissez votre argent ailleurs, dans un produit à l’efficacité prouvée.
Question 2 : le produit est-il un aliment ou un médicament par présentation ?
Un produit qui revendique repousser les puces et les tiques, traiter une dermatite ou soulager une affection articulaire diagnostiquée est un médicament par présentation au sens du droit pharmaceutique, qu’il soit vendu en friandise ou non. S’il n’a pas d’autorisation de mise sur le marché en tant que médicament vétérinaire, la revendication est illicite. Une petite déclaration sur signal conso ne fait jamais de mal.
Question 3 : qui a formulé le produit et dans quel cadre ?
« Formulé par des vétérinaires » ne signifie rien de précis. Cela peut vouloir dire qu’un vétérinaire a été consulté une fois, que son nom apparaît sur un document interne, ou qu’on a payé un prête-nom. Sans transparence sur l’identité, le mandat et les conditions de cette intervention, l’argument ne vaut pas grand-chose.
Question 4 : « naturel » veut-il dire quelque chose ici ?
Non. « Naturel » n’est pas une mention réglementée pour les compléments alimentaires vétérinaires. Elle ne garantit ni l’innocuité, ni l’efficacité, ni l’absence d’interactions avec d’autres traitements. « 100% naturel » sur un packaging est un argument marketing pour vous faire acheter. C’est tout.
Compléments alimentaires pour chien et chat : comment ne plus se faire avoir
La seule protection réelle contre ce type de communication, c’est l’information. Comprendre ce que les réglementations autorisent, savoir lire une allégation, identifier les questions à poser : c’est ce qui permet de mettre son argent là où il y a des preuves, pas là où il y a un beau packaging.
C’est exactement l’objet de la formation Choisir une bonne marque sur Truffe Campus : une grille de lecture concrète pour décoder le marketing petfood et faire des choix éclairés pour votre chien ou votre chat. Le tout pour le prix d’un pot de friandises magiques.


